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Boujloud, une tradition du Maroc antéislamique, qui s'est fondue … – quid.ma

Des jeunes masqués et déguisés en créatures bizarroïdes, espiègles où démoniaques semblant sortir des ténèbres, défilent et dansent aux rythmes de gnaoui, entrainant le public dans une ondulation de joie, d’émerveillement, parfois de peur atavique
 
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Le cérémonial de “Boujloud”  pour qu’il résiste à l’usure du temps et sauvegarde des traditions ancestrales purement amazighes, il est nécessaire que d’une édition à l’autre, on pousse à une évolution des rôles, avec l’apparition de nouveaux personnages aux côtés de “Boujloud” dans sa forme traditionnelle.
Deuxième jour de l’aïd, dès 20h, une effervescence peu ordinaire d’emparé des différents quartiers de la ville d’Imintanout, d’”Afela’N’Talat”, “Tazrout”, “Izouran”, “Sidi Ali’O’Isshak” et “El Kasbah”. Le Carnaval de “Boujloud” tant attendu par tous, pouvait commencer.

Pour les habitants et les hôtes de la ville d’Imintanout, c’est l’heure de rompre la routine des longues journées caniculaires de la saison estivale où le mercure s’amuse à battre ses propres records, les obligeant à ne quitter leurs maisons qu’en cas d’extrême nécessité. 
Ce renouement saisonnier avec le cérémonial ancestral de “Boujloud” qui n’a pas échappé aux effets, appréciés ou peu, de la modernité, associe, désormais, à sa propre représentation, des arts de la rue.

Des jeunes masqués et déguisés en créatures bizarroïdes, espiègles où démoniaques semblant sortir des ténèbres, défilent et dansent aux rythmes de gnaoui, entrainant le public dans une ondulation de joie, d’émerveillement, parfois de peur atavique que suscitent le déguisement des créatures des légendes et contes que racontent les grand-mères aux petits enfants.

Des artistes en herbe, dans des mouvements synchronisés, exhibent de géantes marionnettes dansantes, accompagnés d’autres portant des statues d’hommes en bois drapés dans l’habit traditionnel.

Près de trois heures durant, des artistes déguisés en monstrueuses créatures ou vêtus de costumes confectionnés de peaux de moutons et de chèvres, défilent dans les ruelles de la ville aux rythmes de grands tambours et Qraqeb (crotales), dans une ambiance qui mêle le festive et le recueillement.

Ancrée dans les traditions des locaux et héritée de génération en génération, la fête populaire de Boujloud (homme aux peaux) perpétue un rituel ancestral intimement lié à l’Aid Al Adha.

Collant à la main des pattes de mouton, “Boujloud” ,connu également sous l’appellation de “Bilmaouen” en amazigh, sillonne les ruelles tout au long de la journée, le plus souvent accompagné d’autres personnes déguisées, ou d’enfants dont la tâche consiste essentiellement à collecter des dons et de l’argent auprès du public le long de l’itinéraire sous peine de ne pas échapper aux coups de “Boujloud”. 
Organisée depuis les temps immémoriaux dans nombre de villes et de campagnes du Royaume, généralement le deuxième jour de l’Aid Al Adha pour durer encore 2 à 3 jours, cette tradition a tendance à disparaitre.
Mohamed Akdim, chercheur en patrimoine et culture locale, explique dans une déclaration à la MAP, que les études historiques et anthropologiques font remonter le phénomène de “Boujloud”, tel que célébré chaque année dans la région, à la période antéislamique au Maroc.

D’un point de vue anthropologique ou historique, ce phénomène artistique et culturel diffère, précise-t-il, d’une région à l’autre et de ce fait, on n’a pas un seul type de “Boujloud” commun à toutes les régions du Royaume.

Le phénomène de “Boujloud” ou “Belmaouen” à Imintanout a été largement influencé par les spécificités locales à cette partie du territoire national, sachant qu’Imintanout a été, à travers de longs siècles, une zone de transit et une étape commerciale indispensable pour nombre de communautés humaines. “C’est pour cela qu’à première vue, le phénomène Boujloud peut apparaître comme « une anarchie organisée » mais en réalité, il reflète un mélange de danses et de rituels à forte charge culturelle, civilisationnelle et cultuelle, inhérents aux groupes humains locaux, à ceux installés aux alentours d’Imintanout, ou encore des groupes humains ayant transité, à travers l’histoire, via cette zone”.
“C’est ainsi que dans le cérémonial de “Boujloud”, on observe, indique le chercheur, une forte présence de la femme, ou encore de la danse Ahouach et des Rwayess, propre à Imintanout, de la danse Taskiwine des tribus installées dans les montagnes limitrophes, de la danse Ahiyad de la région de Haha, de la danse sahraouie des tribus Ouled Bou Sbaa installées dans les environs….etc. On y trouve également une véritable influence de la culture juive, étant donné que cette ville a connu, à travers l’histoire, une forte présence de juifs jusqu’aux années 60″.

Le phénomène reflète, de ce fait, selon M. Akdim, l’ensemble de ces cultures, désormais, portées par les jeunes de la région, ce qui illustre une certaine synergie, cohésion et enrichissement mutuel d’un point de vue culturel, artistique voire même humain dans la région, avec à la clé cet esprit d’ouverture, de dialogue, de partage et d’échange avec autrui qui caractérise les habitants de la zone. 
Mais comme toute tradition, elle demeure sujette aux influences et aux mutations pour parfois ‘estomper jusqu’à disparaitre. D’où l’intérêt d’associations comme celle d’Imintanout pour la revivification du patrimoine, que préside Mbarek Ezzabak, le cérémonial de “Boujloud”, dit-il, pour qu’il résiste à l’usure du temps et sauvegarde des traditions ancestrales purement amazighes, il est nécessaire que d’une édition à l’autre, comme on le voie, on pousse à une évolution des rôles, avec l’apparition de nouveaux personnages aux côtés de “Boujloud” dans sa forme traditionnelle.

Pour lui, l’ambition est de jeter ‘’davantage de lumière sur ces traditions ancestrales, les diffuser à plus grande échelle, et les promouvoir et les pérenniser pour les générations montantes, tout en veillant à ce que ce rendez-vous soit développé d’année en année”.
 
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