Un Maroc en Marche vers la Modernité et l'Africanité – Maroc diplomatique
Par S.E.M. Mouhamadou youssifou
En cette heureuse et grande occasion, je voudrais, tout d’abord, transmettre à Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, les très vives et chaleureuses félicitations de son frère, Son Excellence Monsieur Paul BIYA, Président de la République du Cameroun, auxquelles j’adjoins, de manière respectueuse et déférente, mes félicitations personnelles, ainsi que mes vœux de santé, de bonheur et de sérénité pour Sa Majesté et pour toute la famille royale, et ceux de paix, de stabilité et de progrès continus pour le Royaume du Maroc.
Étant en poste dans ce beau et merveilleux pays, depuis plus d’une décennie, je dois dire que j’ai eu la chance et l’honneur d’être un des témoins privilégiés et impartiaux des progrès accomplis par le Royaume du Maroc, depuis l’accession de Sa Majesté le Roi Mohammed VI au Trône de ses glorieux ancêtres alaouites.
En vingt-quatre années de règne, le Roi Mohammed VI a non seulement consolidé les acquis économiques du Royaume du Maroc tels que légués par ses prédécesseurs de regrettée mémoire, à savoir feu Sa Majesté Mohammed V et feu Sa Majesté Hassan II, mais il a aussi et surtout marqué l’Histoire de son pays dans tous les domaines, et particulièrement politique, économique, culturel, social, environnemental et diplomatique.
Dès son accession au Trône, en juillet 1999, Sa Majesté le Roi s’est positionné en champion de la coopération Sud-Sud, et surtout de la coopération interafricaine. Il aura, au cours de ces vingt-quatre années, effectué plusieurs dizaines de voyages officiels, sillonnant de long en large le continent et signant plus d’un millier d’accords de coopération avec plus d’une trentaine de pays.
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Aujourd’hui, le Maroc est le deuxième investisseur africain en Afrique, tout juste derrière l’Afrique du Sud. Ces investissements, fort diversifiés, vont de l’agriculture aux infrastructures, en passant par l’immobilier, les BTP, les banques, la téléphonie, les assurances, l’industrie, etc., dans un esprit de co-développement.
Ayant travaillé pendant près de deux décennies à ancrer le Maroc dans son environnement naturel qu’est l’Afrique, le Roi Mohammed VI a opéré, avec brio, le retour de son pays au sein de la grande famille institutionnelle africaine, en janvier 2017, après plus de trente années de brouille.
Aujourd’hui, la famille africaine est complète et les rangs sont serrés pour la grande bataille de l’émergence de notre continent.
L’importance diplomatique et le rôle du Maroc sur l’échiquier continental ne sont plus à démontrer. Plusieurs pays africains reçoivent des investissements directs marocains et des milliers d’étudiants de l’Afrique subsaharienne poursuivent sereinement leurs études au Maroc, avec des bourses du gouvernement marocain.
S’agissant des relations qu’entretiennent mon pays le Cameroun et le Royaume du Maroc, il convient de dire que ces relations existent depuis notre accession à l’indépendance et sont allées en se densifiant et en se diversifiant.
Aussi, la célébration de cette vingt-quatrième édition de la Fête du Trône nous donne-t-elle l’agréable occasion de célébrer et de magnifier, également, ces relations fructueuses de coopération que la République du Cameroun et le Royaume du Maroc entretiennent depuis plusieurs décennies.
Sur le plan politique, il a toujours existé une parfaite convergence de vues entre le Maroc et le Cameroun sur les questions d’intérêt commun et sur tous les problèmes régionaux et internationaux.
Sur le plan économique, grâce à la détermination commune de nos deux Chefs d’État et à la réorientation de la diplomatie marocaine sous-tendue par la vision de Sa Majesté le Roi, nos relations de coopération ont, depuis lors, connu un coup d’accélérateur dans tous les domaines.
La visite effectuée au Cameroun, en juin 2004, par le Roi Mohammed VI, avec à sa suite plusieurs dizaines d’entrepreneurs marocains, a permis d’établir de nouvelles bases pour ces relations encadrées par une multitude d’Accords de coopération.
Aujourd’hui, nos échanges commerciaux ont doublé et on assiste, de manière assez régulière, à des missions économiques de part et d’autre des deux pays, et à la mise sur pied d’entreprises communes dans le cadre de partenariat public-public, ou public-privé ou dans le cadre des investissements directs étrangers.
Le Maroc est le premier investisseur africain dans notre pays devant l’Afrique du Sud et le Nigéria. Quatre des six cimenteries installées au Cameroun sont détenues à majorité par les Marocains.
Trois des quatorze banques installées au Cameroun sont à majorité détenues par des Marocains, sans oublier des investissements dans les assurances avec SAHAM devenu depuis quelque temps, SANLAM, les engins des travaux publics avec TRACTAFRIC, l’engrais avec l’OCP AFRICA, les bâtiments et travaux publics (avec la construction de huit hôpitaux régionaux et 800 logements y attenants par le Groupe Alliances Développement Immobilier), les logements sociaux avec le Groupe Addoha, le génie civil dans les travaux de construction des barrages hydro-électriques tels que celui de Makaï sur le fleuve Nyong et celui de Natchtigal sur le même fleuve avec le Groupe marocain Platinum Power, sans oublier de nombreux partenariats privé-privé avec des bureaux d’ingénierie, tels que NOVEC, C.I.D.
La Société des Eaux minérales du Maroc bénéficie de l’expertise marocaine et la Fédération nationale d’électricité et de l’électronique, en abrégé FENELEC, exporte des équipements électriques et électroniques et organise, régulièrement, des salons et des missions économiques dont la dernière édition vient de se dérouler en début du mois de juillet 2023 à Yaoundé. Les minoteries marocaines développent des partenariats avec leurs homologues camerounaises, notamment la Société des Grands Moulins du Cameroun. On peut également citer Danone Maroc et autres…
Outre ces grandes entreprises, il est fort significatif de souligner que de nombreuses PME et de petits entrepreneurs marocains déferlent vers le Cameroun depuis la levée du bouclier sanitaire hérité de la pandémie du Covid-19, pour y développer des affaires au plan purement commercial ou pour y poursuivre la prospection en vue de partenariats plus importants.
De son côté, le Cameroun qui exporte déjà des produits de l’agriculture tropicale sur le marché marocain, tels que la banane, le coton, le bois, le café et le cacao, envisage, dans le cadre de l’Accord sur la Zone de libre-échange continental (ZLECAF), de tirer davantage de cette opportunité que lui offre la complémentarité de l’économie marocaine.
La mise sur pied par la Royal Air Maroc dans les tout prochains jours d’une liaison cargo entre Casablanca et Douala devrait contribuer à renforcer ces échanges commerciaux.
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De même, l’existence des lignes maritimes régulières connecte également nos deux pays pour les finalités similaires.
Nous pouvons, à ce titre, saluer la dynamique positive des échanges entre nos deux pays, avec une valeur des importations en provenance du Royaume, établies à 100 mille tonnes pour une valeur de 60,5 milliards de francs CFA en 2021, soit environ 1 milliard de dirhams.
Aujourd’hui, le Maroc est l’un des premiers fournisseurs du Cameroun en Afrique et le Cameroun est le 17ème fournisseur du Maroc en Afrique, le 2ème en Afrique centrale. Le Cameroun est, par exemple, le premier importateur africain des produits marocains à base du cuir.
Il s’agit là d’une dynamique en constante impulsion, comme l’atteste l’organisation avec succès, du 10 au 12 mai dernier, des Premières rencontres économiques maroco-camerounaises sur le bois et le cuir, par notre Ambassade. Ces secteurs étant identifiés comme stratégiques dans le Plan de développement de notre pays, nous espérons, à court terme, établir un partenariat mutuellement bénéfique dans ces deux filières, notamment dans les domaines de la formation, de la transformation et de la commercialisation.
Nous nous réjouissons du soutien que le Royaume du Maroc nous apporte sur tous les plans, et notamment sur celui de la formation et de la valorisation de nos ressources humaines.
Environ 300 étudiants camerounais poursuivent leurs études supérieures au Maroc, parmi lesquels une bonne moitié bénéficie de la bourse de l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI). Ce qui dénote, une fois de plus, de la qualité et de la densité des relations de coopération qu’entretiennent nos deux pays, en tant que deux hubs économiques et géographiques, dont les potentiels méritent d’être optimisés.
Ensemble, Marocains et Camerounais, nous croyons fermement à la coopération Sud-Sud et nous voyons l’avenir de nos relations avec beaucoup de confiance et d’optimisme.
En conclusion, et en tant que témoin privilégié et impartial de la société marocaine, il nous apparaît qu’en vingt-quatre ans de règne, Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, a pu transformer son pays et marquer d’une pierre blanche ces années de pouvoir. Il est évident, pour tous les observateurs honnêtes et de bonne foi, que le Roi Mohammed VI peut être perçu comme un Roi bâtisseur et réformateur, mais aussi un africaniste convaincu, qui a su faire entrer son pays dans la modernité et l’ancrer dans son milieu naturel qu’est l’Afrique.
L’œuvre humaine étant toujours perfectible, nous formons le vœu le plus sincère que Dieu accorde à Sa Majesté le Roi Mohammed VI davantage de santé, de force et de clairvoyance afin qu’il poursuive sereinement ce travail qu’il a si bien commencé.
(*) S.E.M. Mouhamadou Youssifou, Ambassadeur de la République du Cameroun et Doyen du corps diplomatique du groupe Afrique au Maroc.
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