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Quelles retombées des assemblées FMI-BM sur l'image du Maroc – Hespress Français

Le Maroc, une semaine durant (9/15 octobre), est incontestablement au centre de l’économie mondiale en accueillant, dans la Cité ocre, les Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM).  
Ce choix n’est en aucun cas, fortuit. L’événement financier et économique le plus important au monde, qui se tient en terre africaine pour la première fois depuis un demi-siècle. Maintenu au Maroc, il envoie un message d’espoir et de soutien au Royaume après les durs évènements liés au séisme dévastateur d’Al-Houaz. Ces réunions annuelles à travers le programme (FMI&BM) font la lumière sur le peuple marocain aux yeux du monde entier. Du coup la solidarité, la résilience et le courage sont les valeurs que le pays exporte au monde.  
On peut y voir une série d’événements parallèles consacrés à discuter d’une variété de questions urgentes, notamment la crise énergétique, le changement climatique, la migration, la coopération internationale, la reprise post-COVID et les questions politiques et économiques. Ces rencontres annuelles qui se tiennent actuellement à Marrakech, se concentrent sur six thèmes principaux: l’inclusion financière et numérique, le développement durable, les réformes des institutions financières internationales, l’entrepreneuriat et l’innovation, les filets de sécurité sociale, la tolérance et la coexistence. 
Afin d’analyser la pertinence de la tenue de cet événement dans le Royaume et ses éventuelles retombées, Hespress fr a sollicité Omar Kettani, économiste, professeur à l’Université Mohammed V de Rabat et membre de l’Association marocaine d’études et de recherches en économie islamique (Asmeci).  
Dans le fait d’organiser les réunions du FMI et de la BM dans une ville au Maroc, Marrakech en l’occurrence, il y a l’image de marque, dira Omar Kettani au micro d’Hespress fr. « C’est important car actuellement le Maroc, bénéficie d’un soutien un peu inconditionnel du monde dit occidental, et des États-Unis en particulier, et donc du FMI (…) ».  
« Les orientations du FMI sont essentiellement politiques et à travers cela, on peut considérer que c’est très symbolique d’organiser cette réunion dans un pays africain. Pourquoi ? Parce que les Américains sont très soucieux de ce qui peut se passer en Afrique. Et il y a beaucoup de changements. C’est une question que je positive pour le Maroc au niveau des relations entre le Royaume et les États-Unis, donc il y a une image de marque de l’importance que les États-Unis donnent à l’Afrique à travers le Maroc », estime notre interlocuteur.
Omar Kettani en si bon chemin ne s’arrêtera pas qu’à cela « il y a l’accès à l’Afrique et la porte stratégique du Maroc, est devenue incontournable, je dirais même que le Royaume est un représentant fiable sur des lieux d’entrance internationaux au niveau de l’Afrique ».
Et donc, là aussi, « en Afrique on ne ferait que s’améliorer parce que ça pourrait aboutir sur le développement du commerce sud à l’intérieur de l’Afrique avec un esprit WIN-WIN ». « Donc le Maroc, rappelle l’économiste, est appelé encore à jouer un rôle diplomatique très important. Ce qui peut se répercuter favorablement sur l’image du pays ».  
Selon l’économiste, « diplomatiquement on récupère une audience au niveau des pays, pour la reconnaissance du Sahara marocain. Donc cela c’est très important, parce que le Maroc a déjà gagné beaucoup de points, surtout au niveau diplomatique pour sa cause principale. C’est une opportunité incontestable pour le Royaume que de contacter nombre de pays à l’échelle mondiale afin de nouer des relations plus chaleureuses et plus fortes ».
Omar Kettani dira en outre que cela « devrait nous permettra de maximiser les chances de reconnaissance à l’échelle mondiale du Sahara marocain. A long terme, bien sûr, le Maroc a choisi une stratégie et l’ouverture vers les pays du BRICS, l’ouverture vers l’Afrique, en parallèle avec son ouverture traditionnelle sur l’Europe et à l’échelle des trois continents ainsi que les pays asiatiques ».
Cette ouverture devrait, selon l’universitaire, permettre également aux produits marocains de se propager et de se faire connaître un peu plus car, question notoriété et, grâce à la Coupe du monde, le Maroc est désormais connu sur tous les fronts et ce compte tenu des événements internationaux qu’il organise ou est censé organiser. Ça pourrait avoir aussi des répercussions sur le plan touristique puisque cet événement sera affecté au niveau des masses médias à l’échelle mondiale et donc au nom du Maroc.  
En qui concerne l’événement international FMI-BM, « je crois qu’il se déroule dans des conditions assez exceptionnelles. Tout d’abord, il faut remarquer que cet événement mondial se passe dans une situation de guerre entre la Russie et l’Ukraine et ses conséquences, particulièrement sur l’inflation à l’échelle mondiale et de crise économique en Europe et en d’autres continents. De même, qu’il faut relever aussi le risque de famine qui pèse sur l’Afrique qui connaît des difficultés d’approvisionnement au niveau des céréales ».   
 « Pour ce qui est des perturbations sur le plan politique, notamment sur le continent africain, le FMI en est très soucieux. On peut donc considérer que c’est très symbolique d’organiser les réunions annuelles dans un pays africain. Pourquoi ? Parce que les Américains sont très soucieux de ce qui peut se passer en Afrique où il y a beaucoup de changements, beaucoup de mouvements politiques, de crises, ainsi qu’une tension assez forte ». 
Sur le choix d’un des thèmes des réunions, il rebondira sur la tolérance et la coexistence. « Comment peut-on invoquer la tolérance alors que Gaza est une prison à ciel ouvert ? Alors parler de la tolérance en ce moment, ça veut dire l’injustice et l’acceptation de celle-ci. Voilà ma remarque à ces discours stratégiquement tracés par les pays à économie libérale. D’une manière systématique, l’intolérance me gêne. À part cela, les autres objectifs sont des objectifs à caractère positif et ne posent pas de problème ».
« Pour la réforme des institutions financières internationales, conclura Omar Kettani, « la question n’est pas est-ce ce qu’il faut réformer les institutions financières ? La question qui compte est de démocratiser ces institutions car ce que l’on peut appeler les pays du tiers monde, ne sont pas représentés dans les instances internationales ». 
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