Rapport: Le Maroc est leader de la région MENA en congé de … – Hespress Français
Le Maroc fait figure de leader dans la région MENA en termes de participation des pères à la garde des enfants après la naissance. Une dernière étude menée par l’ONU Femmes a démontré que le Maroc était le seul pays de la région à octroyer le plus de jours de congés de paternité dans la région.
Les décideurs des pays de la région MENA plaident pour plus de congés paternité, ont révélé les dernières recherches d’ONU Femmes, qui soulignent les discours traditionnels sur la garde d’enfants sont déjà en train de changer en raison des changements sociaux, économiques et politiques rapides.
Avec 98 jours de congés de maternité pour les femmes (contre 60 en Tunisie et aux Emirats arabes unis, 120 en Egypte et 70 au Liban) pour 15 jours de congés de paternité, le Maroc est actuellement le pays le plus avancé en termes de congés de paternité visant à favoriser la participation des hommes à la garde des enfants.
En effet, les autres pays de la région octroient en moyennes 3 jours de congés de paternité aux hommes après la naissance de leur enfant. L’on peut citer à titre d’exemple, l’Algérie, la Jordanie, Bahrein, la Palestine et l’Arabie Saoudite. Aux Emirats arabes unis, le congé paternité dure 5 jours, au Liban 4 jours sont octroyés et seulement pour les militaires.
Néanmoins, cette avance du Maroc se contente de cibler le secteur public puisque la mesure ne s’applique pas au secteur privé qui continue de n’avoir que 3 jours payés.
Dans sa dernière étude et première du genre à s’intéresser au rôle des hommes dans l’éducation des nouveaux-nés, l’ONU Femmes, a recueilli les points de vue sur le congé de paternité et la participation des hommes à la garde des enfants auprès de 1 154 décideurs gouvernementaux, du secteur privé et d’organisations de la société civile de cinq pays de la région MENA, à savoir la Jordanie, le Liban, le Maroc, Palestine et la Tunisie.
L’étude a porté sur 65% de femmes et 34% d’hommes de diverses institutions étatiques, non étatiques et internationales. Le nombre le plus important de répondants venait du Maroc avec un total de 236 personnes, avec une moyenne d’âge de 42 ans, dont la plupart sont de hauts diplômés.
Tous les pays ont introduit une forme ou une autre de congé de paternité, allant d’une concentration limitée sur un secteur restreint (l’armée et les forces de sécurité au Liban) jusqu’à des décisions de congé de paternité récemment initiées et applicables uniquement aux employés du secteur public (Maroc, Palestine et Jordanie), a souligné le rapport. « Bien que de portée disparate, toutes les initiatives récentes sont importantes et nécessitent un suivi concerté pour garantir une mise en œuvre significative », indique le document.
« Le Maroc a été cité pour ses progrès, où des réformes majeures ont été introduites dans tous les domaines de l’égalité des sexes, la plus notable étant la promulgation en 2022 d’un congé de paternité de 15 jours dans le secteur public », a souligné l’ONU Femmes.
Le document expliqué que les disparités entre les pays sont dues à un ensemble complexe de variables, mais le facteur le plus important de l’histoire récente a été les différents niveaux de volonté politique entre le régime au pouvoir, d’une part, et l’action des organisations de défense des droits des femmes et d’autres acteurs humanitaires.
Malgré ces circonstances tenaces, il existe des signes encourageants d’un intérêt croissant des hommes à passer plus de temps avec leurs enfants, comme en témoignent les résultats de l’Enquête internationale sur les hommes et l’égalité des genres (IMAGES) menée dans six pays du monde.
L’enquête indique que les choses peuvent évoluer dès le jeune âge en socialisant les garçons pour qu’ils jouent un rôle intégral, délibéré et équitable dans la prestation de soins au sein de leur foyer, notamment en encourageant les hommes à donner l’exemple d’une paternité et d’une garde d’enfants impliquées, en apprenant aux garçons à s’occuper des enfants et en adoptant des attitudes équitables entre les sexes à la maison. Cela « augmente la probabilité qu’ils partagent les responsabilités de soins de manière plus équitable à l’âge adulte », souligne l’ONU Femmes.
Actuellement, le pourcentage d’acteurs masculins déclarant assumer la responsabilité principale de la garde des enfants varie entre 0% au Liban, 1% en Palestine, 2% au Maroc, 3% en Tunisie et 6% en Jordanie. c
Dans tous les pays, la majorité des hommes interrogés ont identifié les femmes comme étant les principales responsables des soins aux enfants, avec un taux de perception allant de 53% au Liban et au Maroc, à 54% en Jordanie, 62% en Palestine et 70% en Tunisie.
La garde des enfants répartie à parts égales entre les partenaires a été signalée par 28% des acteurs masculins en Tunisie, 37% en Palestine, 39% en Jordanie, 45% au Maroc et 47% au Liban.
Sur la totalité des décideurs interrogés dans le cadre de l’étude, 86 se sont dits favorables à l’allongement de la durée du congé de paternité dans leur pays. En outre, 62% des décideurs estiment que la participation des hommes à la garde des enfants devrait faire partie des priorités publiques nationales. Dans les deux cas, le soutien est plus élevé de la part des femmes décideurs que des hommes.
L’étude révèle par ailleurs que 55% des décideurs des institutions publiques interrogés dans le cadre de l’étude, et 52% du secteur privé, sont favorables à un congé parental d’égale durée pour les deux parents.
Le rapport montre également que, malgré les normes sociales discriminatoires qui perpétuent les stéréotypes de genre traditionnels, « on prend de plus en plus conscience dans le monde arabe que les pratiques de soins et les responsabilités parentales sont essentielles pour parvenir à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes ».
Le rapport souligne que les discours traditionnels sur la garde d’enfants sont déjà en train de changer en raison des changements sociaux, économiques et politiques rapides. Ces changements comprennent les pressions économiques sur la cellule familiale, le passage des familles élargies aux familles nucléaires, les impacts de l’urbanisation accélérée, la baisse des taux de fécondité, l’amélioration de l’égalité des sexes sur le lieu de travail et dans l’éducation, et l’augmentation de l’accessibilité aux technologies modernes et aux médias sociaux.
En conséquence, indique le rapport, les familles comptent de plus en plus sur des soignants non familiaux, en particulier en milieu urbain, pour les jeunes couples mariés, les femmes divorcées ou séparées, les veuves et les couples mariés qui travaillent avec des enfants.
Les résultats positifs de ce rapport axé sur les décideurs font écho aux résultats de la recherche d’ONU Femmes menée de 2017 à 2022, montrant que la majorité des hommes dans la région des États arabes souhaitent passer plus de temps avec leurs enfants.
Abonnez-vous pour recevoir les dernières nouvelles
Conditions de publication : Les commentaires ne doivent pas être à caractère diffamatoire ou dénigrant à l’égard de l’auteur, des personnes, des sacralités, des religions ou de Dieu. Ils ne doivent pas non plus comporter des insultes ou des propos incitant à la haine et à la discrimination.