Séisme au Maroc : « Je n'aurais jamais imaginé vivre deux fois ce … – Le Monde
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Lahcen Roussafi, retraité de 83 ans à Agadir, a vécu les deux tremblements de terre qui ont endeuillé le pays à soixante-trois ans d’intervalle. Celui survenu dans la nuit du 8 au 9 septembre a libéré des émotions longtemps enfouies.
Temps de Lecture 2 min.
« J’ai toujours regretté de ne pas avoir pu pleurer après le tremblement de terre d’Agadir, en 1960, mais, depuis le séisme de Marrakech, je pleure beaucoup. Ce n’est pas moi qui pleure, les larmes viennent toutes seules. Je n’aurais jamais imaginé vivre deux fois ce drame, c’est terrible. Je n’arrive pas à reprendre mes forces. Ça m’a remué, ça m’a complètement changé.
Quand celui du 9 septembre est arrivé, nous l’avons ressenti très fortement à Agadir. Nous étions assis avec ma femme et notre fille, et nous avons été ballottés, à droite, à gauche. Nous n’arrivions pas à nous lever. Nous étions comme cloués. Quand ça s’est arrêté, nous avons couru dans le jardin, il y avait plein de gens que je ne connaissais pas. Des voisines n’avaient pas de voile, je ne les avais jamais vues sans. Je leur ai proposé de les aider à les récupérer, mais elles ont dit non, qu’elles se sentaient plus en sécurité dans le jardin.
La nuit du tremblement de terre d’Agadir, j’avais 20 ans. Après la mort de mon père dans un accident du travail, nous vivions, ma sœur et moi, avec notre mère. C’était une femme de ménage illettrée qui travaillait pour les Européens et parlait correctement le français et l’espagnol. On nous avait laissé un terrain domanial et une grande habitation dont on louait des pièces pour avoir un peu d’argent. Il n’y avait pas l’électricité. J’étudiais à la bougie, car j’avais été choisi pour aller au lycée français avec quelques camarades. Après la fin du protectorat [en 1956], les Marocains devaient reprendre en main la gestion de l’électricité et c’était le but de mes études.
Cette nuit-là a été la plus longue de ma vie. [Il pleure.] J’ai réussi à récupérer ma mère et ma sœur, mais pas ses deux jeunes enfants. A la maison, il y a eu onze morts. C’était terrible. On est restés là deux jours sur le terrain, puis on nous a emmenés à Inezgane, sur le sable et les eucalyptus, à côté de l’aéroport. Après un mois, on nous a hébergés à l’orphelinat de Casablanca.
Tout le monde a été éparpillé, à Fès et ailleurs, sans qu’on puisse communiquer, il n’y avait pas de téléphone. Puis je suis parti au lycée de Rabat, la capitale. Avec mes camarades, tous les dimanches, nous allions voir un match de foot. Le prince Moulay Hassan [futur Hassan II] nous attendait pour nous faire entrer au stade. Il n’allait pas dans la tribune officielle, il s’asseyait par terre avec nous. Il nous donnait un peu d’argent, nous demandait comment on allait, il nous consolait. Ça ne s’oublie pas. [Sa voix se brise.]
Finalement, je n’ai pas travaillé dans l’électricité mais dans les phosphates. J’ai pris ma retraite, en 1991, à Agadir. J’ai alors rempli ma vie en m’occupant d’un site Internet que j’ai découvert par hasard, agadir1960.com, qui rassemble documents et témoignages autour du tremblement de terre. J’ai eu des milliers de gens, mais depuis beaucoup sont morts. Et puis le corona m’a amputé de beaucoup d’amis. Nous sommes comme orphelins. Venez nous voir, on a besoin de parler. C’est un remède. »
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