Uncategorized

Retiré de la scène, Malek chante toujours : L'essentiel est ailleurs – Maroc Hebdo

En continu
Marrakech: Le Roi adresse un message aux participants aux As…
CAN 2023: tirage clément pour le Maroc qui évite les cador…
Réunion ministérielle de la Ligue arabe : le Maroc appelle…
Foot: Brahim Diaz, milieu offensif du Real Madrid, opte pour…
Guerre à Gaza: 1.055 Palestiniens tués dans les raids men�…

Si ce chanteur, grand voyageur, n’était autre qu’artiste, il serait psychologue ou philosophe. Dans ces quelque 200 chansons, dont plus de la moitié interprétées par d’autres artistes, on décèle un fil conducteur: une quête effrénée de l’humain. Arrêt sur ce qui fait la particularité de ce rêveur désormais retiré du monde du spectacle.

“Jamais sans ma guitare”, pense-t-on rien qu’à le voir, l’entendre chanter avec sa voix à la fois grave et suave. C’est évident, un livre grand ouvert, comme l’est Malek dans ses chansons, mais toujours dans la pudeur. Des centaines de chansons, dont certaines ont bercé plusieurs générations de Marocains. Et pas que.

Même après s’être dernièrement retiré du monde du spectacle au bout d’une longue carrière d’auteur-compositeur-interprète, Malek garde toujours sa folk à portée de main.

Plus qu’un métier, c’est tout un mode de vie.

“Vous savez, je pourrais me passer s’il le fallait de scène, de concert, de studio, et même peut-être aujourd’hui d’écriture. Mais la seule chose que je serai incapable de supprimer dans ma vie quotidienne, ce sont ces deux heures où, en fin de journée, je vais prendre ma guitare, tout seul, sans public,…”, confie celui qui a décidé depuis près de trois ans de marquer une pause dans sa carrière.

Des parents joyeux et bienveillants
Son choix de se retirer de la vie tumultueuse, ce rêveur l’a pris pour désormais s’installer à la campagne, la plupart du temps en France avec des allers-retours au Maroc, mais toujours proche de la nature.

“Et voilà! J’ai besoin de ce calme, de cette sérénité. Revenir à l’essentiel”, souligne Malek dont le regard sur le monde, de son propre aveu, “a toujours été, révolté, mais un peu plus résigné aujourd’hui”.

Malek célébrera donc, à la fin de cette année, 43 années de professionnel de la chanson. Il a précisément démarré le 8 décembre 1980, date de l’assassinat de John Lennon à New York, véritable déclic, un choc pour le jeune homme de 20 ans qu’il était, le genre de moment où l’on se dit: “Allez, tout ça est assez aléatoire. Vis ta vie, fais ce que tu ressens».

Jeune et insouciant, la chance qu’avait ce natif d’Aix-en-Provence (Sud de la France) qui a vécu enfant dans plusieurs villes du Maroc (Oujda, Rabat, Casablanca, Tanger, Mohammedia) accompagnant ses parents: l’appui de ces derniers, des géniteurs «plutôt joyeux, créatifs chacun dans leur domaine».

Sa mère n’est autre que Marie-Louise Belarbi, éditrice française à l’origine de diverses maisons d’édition, notamment l’emblématique Carrefour des livres, haut lieu de rencontre littéraire à Casablanca.

Chanter l’humain
De cette époque, il garde en tête une expression prononcée par son père, prof, qui avait émis au départ quelques réserves quand le jeune bohème annonce qu’il arrête ses études: «Tu n’as pas peur de lâcher la proie pour l’ombre?», le jauge son père. Négatif, répond Malek droit dans ses bottes avant de foncer, lui qui a très jeune appris à voler de ses propres ailes, notamment depuis qu’il a quitté Casablanca à 18 ans pour poursuivre ses études à Montpellier.

“Mes parents ont toujours été des témoins bienveillants. C’est important, et je m’aperçois avec le temps que c’est un privilège, un élément absolument indispensable à la pleine réussite de soi-même”, est-il convaincu. “Aussi, dès que j’ai commencé à chanter, j’ai été assez autonome dans ma vie”, répète-t-il comme un refrain, comme une évidence. Et si ce chanteur explorateur, cet archéologue de l’émotion et du sentiment n’était autre qu’artiste, il serait psychologue ou philosophe. Poète, il l’est déjà. Dans son compteur d’auteur-compositeur, plus de 200 chansons, dont plus de la moitié interprétées par d’autres artistes. Son fil conducteur, selon ses propos: «Quand on est artiste, qu’on écrit, qu’on peint, qu’on joue, qu’on chante…, il n’y a rien d’autre derrière qu’une quête effrénée de l’humain».

Et dans cette trajectoire, explique-t-il, il y a évidemment toute cette quête de liberté, de sérénité, d’amour qui passe forcément par des épisodes de douleur, de déception, de blessures intimes, profondes, mais de joie aussi.
Son répertoire constitue donc une “constellation de sentiments qui font un homme”, un homme qui veut “Retrouver la paix” (titre éponyme de l’une de ses compositions).

Une carrière ponctuée de duos
Aussi, sa carrière est-elle ponctuée de duos. Par exemple, le célèbre titre Dounia (ou «Je chante»), enregistré avec les frères Bouchenak, est considéré comme l’un des premiers exemples de “fusion”, inédit alors au Maroc, style qui se développera par la suite dans la chanson marocaine.
“J’ai toujours adoré écrire une chanson en imaginant avec qui je pourrais ensuite la partager”, dit-il. Pour lui, c’est important que deux sensibilités qui peuvent être très différentes se rencontrent.

C’était donc tout à fait naturel pour lui de partager ses titres, et souvent de les concevoir, à deux voix et même plus. Il a d’ailleurs même écrit des chansons pour seize ou dix-sept voix des fois, notamment à l’occasion de campagnes humanitaires au profit de diverses causes: l’environnement, la lutte contre le sida, la solidarité avec la cause palestinienne, ou encore des campagnes de soutien aux personnes en situation de handicap.

Dylan mon idole
“Je n’aurais jamais pu faire une vie dans la chanson, sans duo. C’est un passage obligé pour moi. C’est beaucoup de plaisir, beaucoup d’amour partagé”. Son dernier album, le neuvième en date, “Lahssad” est justement fait, à plus de la moitié, de duos. On y retrouve tout à tour les artistes Christie Caro (On s’attendra), Ammouri Mbark (Izdar), Saïd Mosker (Mchate) et Nabyla Maan (Plus que toi), entre autres.

Plus largement, en consultant sa discographie, on voyage. De Tanger à Constantine, de Casablanca à Séville, de la mer à la montagne, du sud au nord… On perçoit aussi toutes les influences qui lui ont permis de devenir le sculpteur du son et du silence qu’il est devenu. Unique. Parce que pour lui, aucun artiste ne ressemble à un autre. Pour une raison extrêmement simple, naïve:  «On ne vient pas de la même culture. On n’a pas le même bagage intellectuel, on n’a pas la même sensibilité, on n’a pas les mêmes goûts musicaux. On n’a pas les mêmes références littéraires. On ne parle pas forcément les mêmes langues…».

C’est là une perception du monde, de ses citoyens, faite par un humaniste.
Influencé par les musiques du monde, et à la fois par les musiques marocaines et arabes, par les grands auteurs-compositeurs francophones comme Jacques Brel, Georges Brassens, Barbara, et d’autres, le pop-rock des années 1970, Malek revendique sa “double culture” et interprète ses chansons en français et en arabe marocain. Marcel Khalifa fait partie de ses chanteurs arabes favoris. Mais, au-delà de tout, parmi les musiciens à l’avoir marqué, il y a Bob Dylan, associé à Nass El Ghiwane. 

«Dylan a été une étape majeure dans ma vie d’adolescent, d’abord pour ce qu’il disait», confesse Malek, estimant que «personne n’avait jamais écrit comme Dylan, avec cette puissance dans l’image”. Malek a aussi retrouvé cette fulgurance chez Nass El Ghiwane.
Ainsi, il n’hésite pas à démonter les propos du réalisateur américain Martin Scorsese qui a qualifié Nass El Ghiwane de Rolling Stones du Maghreb. “C’est une méconnaissance, compréhensible d’ailleurs, de leur oeuvre, à cause de la barrière de la langue”, lui pardonne-t-il avant d’argumenter: “Dans l’image et la métaphore, dans ce monde fantasmagorique, terrible qui est quelquefois décrit et chez les uns et chez les autres, l’analogie avec Nass El Ghiwane est beaucoup plus proche de Dylan que de quelqu’un d’autre”.

Et Dylan a aussi impressionné notre cher Malek par son côté poète errant, “On the road again”. Cela l’a beaucoup fait rêver dans sa jeunesse.
D’ailleurs, dès qu’il a pu, Malek est allé traverser les États-Unis parce que c’était son vieux rêve. Décidément, voyageur, rêveur et donnant à rêver, Malek le restera toujours, même du fond de sa retraite spirituelle.

© Maroc Hebdo. Tous les droits sont réservés

source

مقالات ذات صلة

اترك تعليقاً

لن يتم نشر عنوان بريدك الإلكتروني. الحقول الإلزامية مشار إليها بـ *

هذا الموقع يستخدم خدمة أكيسميت للتقليل من البريد المزعجة. اعرف المزيد عن كيفية التعامل مع بيانات التعليقات الخاصة بك processed.

زر الذهاب إلى الأعلى