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Quand l'avortement clandestin appelle à un réel cadre juridique au Maroc – Hespress Français

Au Maroc, un médecin et son assistante ont été interpellés jeudi dernier en flagrant délit de tentative d’avortement sur une mineure de 15 ans dans leur clinique privée. L’adolescente, sa mère et une de leurs proches qui avaient été arrêtées, ont été relâchées et mises à la disposition de l’enquête judiciaire.  
Une affaire dramatique de plus qui a conduit encore à l’arrestation de deux blouses blanches, dirions-nous, tant cette pratique réprimée est d’usage dans nos contrées. Au Maroc, le droit à l’avortement n’est envisageable qu’en cas de danger pour la santé de la maman.
Une femme qui avorte illégalement risque, selon la législation en la matière que d’aucuns jugent du reste, très sévère, jusqu’à deux ans de prison. Les personnes qui pratiquent l’interruption volontaire de grossesse (IVG) sont quant à elles passibles de cinq ans d’emprisonnement, voire dix si « affinités ».  
Infections, infirmités, décès… Les conséquences peuvent en effet s’avérer dramatiques pour les femmes qui avortent clandestinement au Maroc. Selon des ONG, plusieurs dizaines de femmes décéderaient chaque année lors d’une interruption de grossesse clandestine.
En 2019 l’Association marocaine de lutte contre l’avortement clandestin (AMLAC) protestant devant le Parlement marocain à Rabat pour réclamer la refonte de l’article 453 du Code Pénal, déplorait à qui voulait l’entendre que chaque jour, 600 à 800 avortements clandestins étaient réalisés et que 26 bébés étaient abandonnés. Chaque année, elles seraient encore environ 200 000 femmes à avorter clandestinement au Maroc.  
Ces actes « illégaux » sont souvent très onéreux et réalisés dans de déplorables conditions sanitaires et parfois ils se révèlent fatals pour celles qui les subissent. Selon l’OMS, ce ne sont pas moins de 13% des cas de mortalités maternelles qui sont dues à ces avortements clandestins. Pour la plupart, ces victimes sont celles, sans moyens et qui se font avorter de façon traditionnelle.  
Les sollicitations des associations et des militants pour le droit à l’avortement, n’ont pas changé grand-chose et pourtant les revendications ne sont pas l’apanage que des mouvements féministes. Les décideurs en la matière ont pour ainsi dire les mains liées et du coup, ils restent sans réponse à une demande sociale qui se fait de plus en plus pressante. Se voulant en cela impassibles devant « le religieux et le conservatismeé, facteur incontestablement bloquant de la dépénalisation de l’avortement.  
Mais ce n’est pas propre qu’au Maroc, un peu partout dans le monde, le débat sur l’IVG est d’une rengaine même dans les pays les plus développés. Sauf que c’est un peu plus souple. C’est que derrière chaque avortement dans notre pays, il est une histoire, souvent bien dramatique. Ces actes sont très mal acceptés par les familles marocaines… des jeunes filles sont expulsées de leur foyer, victimes de crimes d’honneur, abandonnent leurs bébés désirés ou pas ou se suicident carrément…  leur tort, étant d’être tombées enceinte.  
Or au Maroc, ce qui est vraiment permis, quoique du non-dit en quelque sorte, ce n’est pas l’IVG proprement dite, mais l’IMG (interruption médicalisée de grossesse) qui est pratiquée pour des raisons médicales dès lors que cela concerne la sécurité sanitaire du fœtus ou de la mère, sans restriction de délai. Et encore, la procédure « administrative » risque d’être longue et l’on a largement le temps d’enfanter bien avant.  
Aussi, n’en déplaise aux partisans de l’IVG, c’est une solution de derniers recours pour des cas extrêmes. Le Législateur tout en prenant en compte des spécificités culturelles et spirituelles du Maroc, en a fait la part des choses au demeurant et ce, quitte en à occulter des cas tels que viol, inceste…
La ministre de la Famille, de la Solidarité et de l’Insertion sociale Aouatif Hayar avait fait allusion à cela au Parlement en octobre dernier, en laissant entendre vaguement que de ces dispositions, il en était question dans la révision du Code pénal. Mais la ministre avait toutefois atténué les ardeurs quant aux propositions d’ONG et de partis qui se devaient de “respecter” la charia selon elle. En attendant ce sont 600 à 800 rejetons qui chaque jour ne feront pas partie de la population légale nationale. 
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