Médecins d'ici et d'ailleurs : « En Tchétchénie, nous manquons de … – What's up doc
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C’est quoi être médecin ailleurs ? Études, installation, hôpital, rémunération, libéral… Chaque mois, un médecin étranger nous raconte l’exercice dans son pays. Pour ce mois de juin, départ pour la Tchétchénie. Rencontre avec Amina*, 39 ans, allergologue à l’hôpital public.
© IStock
What’s up doc : Quel est votre parcours ?
A. : J’ai débuté mes études en Tchétchénie et je les ai terminées à Moscou, chose assez courante chez nous. J’ai ensuite passé à Saint Petersbourg un certificat en santé publique afin de pouvoir être chef de service. Puis j’ai participé à un échange avec les Etats-Unis dans le cadre du programme Open World, un programme pour assurer l’éthique et les soins dans le monde.
Comment se passent les études de médecine en Tchétchénie ?
A. : En ce qui concerne le concours d’admission, nous avons une manière légèrement différente de la France d’entrer dans l’enseignement supérieur. Les élèves passent un examen d’État unifié, équivalent du bac en France, dans lequel ils doivent choisir impérativement les matières scientifiques. Selon leur score à cet examen ils sont acceptés en médecine et leurs études sont financées par l’état. Si le score est insuffisant tu payes 500 euros par an tes études de médecine. Tous les élèves vont à l’université médicale d’État de Tchétchénie.
Le cursus dure six ans, au terme desquels les étudiants passent des examens d’État et soutiennent leur diplôme, qui comprend des tests, des problèmes et des compétences pratiques. À l’issue de toutes ces procédures, les candidats peuvent exercer en tant que médecin généraliste uniquement dans des polycliniques (l’équivalent d’un centre de santé) mais pas à l’hôpital. Pour travailler dans un hôpital ou choisir une autre spécialisation, ils doivent effectuer une résidence de deux ans.
Quel est le salaire d’un médecin en Tchétchénie ?
A. : Le salaire moyen d’un médecin commence à plus de 400 euros par mois et augmente fonction de l’ancienneté. C’est-à-dire que si vous avez travaillé plus de 5 ans, vous pouvez rédiger un document et l’envoyer au ministère de la santé, qui procède à un examen et vous attribue la catégorie supérieure pour 5 ans. Le Smic dans le pays est à 141 euros.
Quelles différences y a-t-il entre les médecins hospitaliers et libéraux ?
Les médecins renommés peuvent se permettre de travailler pour eux-mêmes, beaucoup de radiologues font ce choix. La plupart des praticiens essaient de combiner les rendez-vous entre hôpital publics et cabinet privé. Ils consultent dans leur cabinet privé le samedi, s’ils ne travaillent pas ce jour-là ou après leurs heures de travail à l’hôpital. Je ne connais pas bien le revenu d’un médecin libéral. Une consultation coûte entre 1 000 et 2 000 roubles soit entre 12 et 24 euros.
Comment les soins sont-ils pris en charge ?
A. : Dans chaque district, il y a des centres de soins où exercent des médecins généralistes et des spécialistes : un médecin ORL, un chirurgien, un urologue, un ophtalmo, un gynécologue, un endocrinologue (bien sûr, dans certains centres toutes les spécialités ne sont pas représentées), donc si nécessaire, le patient peut être transféré à un hôpital national où là il y a des médecins de toutes les spécialités.
En cas d’affection aiguë, le centre dispose d’un médecin urgentiste qui peut prendre le patient sans rendez-vous. Si un patient a besoin d’une assistance médicale urgente, une équipe d’ambulanciers peut être envoyée à domicile. Dans un délai de 20 à 30 minutes, ils prodiguent les premiers soins. Si nécessaire, le patient est transporté aux urgences de l’hôpital. Les patients doivent payer les produits de premières nécessités.
Diriez-vous que le système de santé fonctionne bien dans votre pays ?
A. : Il y a une pénurie de médecins spécialistes. Depuis quelques années, notre ministère de la santé essaie de combler cette pénurie en envoyant des médecins se former à Moscou pour se spécialiser. Nous rencontrons aussi un problème de gestion du temps médical consacré aux patients, à cause de la paperasse. Il faudrait alléger le fardeau des médecins et accorder plus d’attention au patient. J’espère que cela va évoluer. De plus les patients ont tendance à remettre en question les traitements que l’on prescrit, c’est parfois vraiment difficile.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/medecins-dici-et-dailleurs-au-maroc-un-medecin-hospitalier-qui-debute-gagne-lequivalent-de
Y a-t-il quelque chose dans le système de santé qui fonctionne particulièrement bien ?
A. : Le matériel est de très bonne qualité, comparé à nos voisins du Caucase. Ces dernières années, il y a eu une vraie avancée dans les examens médicaux grâce à l’introduction de diverses machines, de tomographies, d’IRM, et l’augmentation de la disponibilité de certains tests en de laboratoire.
Y a-t-il une fuite des médecins vers l’étranger ?
A. : Non pas spécialement. Il y a des échanges avec la Russie mais nous sommes une fédération de la Russie donc ce n’est pas vraiment une fuite de médecin.
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