Les politiques ont le pouvoir de réformer les lois sur les femmes – Le Matin
LE MATIN
Ghizlane Mamouni.
Réformer la Moudawana et le Code pénal. Telle est la principale ambition qui anime les membres du mouvement «Hiya» pour la défense des droits des femmes.
Invitée de "L’Info en Face", Ghizlane Mamouni, co-fondatrice de «Hiya» et également avocate et présidente de Kif Mama Kif Baba, défend les convictions du mouvement. «Nous sommes pour la réforme de toutes les lois car nous estimons qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les droits fondamentaux des hommes et des femmes», dit-elle d’emblée. Ce mouvement s’ajoute ainsi à d’autres qui militent depuis des années pour une adaptation des lois contenues dans le Code de la famille et le Code pénal à la réalité de la société marocaine moderne. Mais la question qui se pose, selon Rachid Hallaouy, animateur de "L’Info en Face", est de savoir si la société elle-même est réformable et si elle est prête à accepter certains changements dits profonds. A cette interrogation, Mme Mamouni répond que le mouvement adopte justement une approche particulière en appelant à une réforme des lois avant celle de la société. «Dans la réforme de la loi, on ne demande aucun droit ni aucune liberté qui ne nous ait pas été accordé par la Constitution de 2011. Ce qu’on demande c’est une mise à jour des textes pour les adapter à ces droits pour lesquels 99% des Marocains ont voté. Ces droits sont également les mêmes que ceux des engagements internationaux des droits de l’Homme que le Maroc a ratifiés. On n’invente rien et surtout on ne cherche pas à initier une révolution», tranche l’invitée.
Évoquant le conservatisme d’une certaine partie de la société et les risques que ces réformes ne soient pas adaptées à notre société dans le contexte actuel, l’invitée de Rachid Hallaouy tient à exprimer une réserve à ce sujet. «Je ne sais pas de quelle société vous parlez, mais les personnes avec lesquelles nous avons échangé au niveau du mouvement, même si elles viennent de milieux très conservateurs, arrivent à accepter et saisir les arguments qu’on présente pour expliquer notre projet. On arrive à un consensus car c’est juste du bon sens. La personne la plus conservatrice possible ne peut pas, à mon avis, être contre l’abolition du mariage des mineurs ou contre l’égalité», explique l’avocate.
Citant les sujets à polémique ou tabous comme l’héritage ou l’article 490 qui punit les relations sexuelles hors mariage, la co-fondatrice du mouvement «Hiya» se défend en expliquant : «Nous ne demandons pas d’encourager les relations sexuelles hors mariage ou entre personnes du même sexe ! Ce que l’on demande c’est que ces personnes n’aillent pas en prison. Ce n’est pas le rôle de la prison d’accueillir ces gens qui ne faisaient qu’exercer leurs libertés individuelles où, par définition, il n’y a ni coupable ni victime». Elle admet dans la foulée que certains actes peuvent être qualifiés de pêchés. «C’est un fait objectif que de dire que la religion musulmane, chrétienne ou autre, qualifie certains actes de pêchés. On ne peut pas contester ceci. Mais cela peut être géré en dehors des tribunaux et des prisons comme au sein de la famille», dit-elle.
Sur l’objectif et les circonstances de création du mouvement «Hiya», l’invitée de "L’Info en Face" explique qu’il s’agit d’une mobilisation d’associations, de collectifs et de citoyens et citoyennes pour défendre les droits des Marocaines. «Déçus par les politiques, nous utilisons la rue comme lieu d'expression. Nous nous donnons la mission de plaider, mobiliser et militer pour un environnement juridique, économique et social égalitaire à travers la promotion des libertés et de l'égalité de genre», explique l’invitée. Selon elle, le gouvernement actuel doit faire évoluer les choses et il est tenu, par la force de la loi constitutionnelle, d’apporter les ajustements possibles aussi bien pour le Code de la famille que le Code pénal. Le débat est là, le discours aussi, mais peu d'engagement, déplore-t-elle. «Cela fait presque 2 ans qu'on est sorti d'un gouvernement islamiste vers une magnifique majorité moderne et ouverte. Nous sommes donc demandeurs d'une réforme et ils ont le pouvoir de changer, ce devoir c'est la Constitution qui le leur donne. Antérieur à la Constitution, le Code de la famille doit être mis à jour. La Constitution donne au Parlement le pouvoir de légiférer sur les questions qui touchent à la famille et aux libertés, donc ce sont les politiques qui ont le pouvoir et le devoir de changer les choses», réaffirme Ghizlane Mamouni. «Nous voulons un Maroc où l'égalité de genre est pleinement effective en droit, ancrée dans la conscience collective des individus et des institutions», insiste la co-fondatrice du mouvement «Hiya».
Lire aussi : Réforme de la Moudawana : le mouvement féministe «Hiya» organise un sit-in ce dimanche 25 juin à Casablanca
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