interview UNEF plateforme Mon Master – Studyrama
Suite à l’ouverture de « Mon Master », la nouvelle plateforme unique de candidature en master lancée par le Gouvernement pour la rentrée 2023, l’UNEF (Union Nationale des Etudiant∙e∙s de France, 1re organisation de la jeunesse fondée en 1907) a immédiatement réagi contre cet outil qui va, selon elle, renforcer la sélection, et qui ne répond pas au véritable problème. Entretien avec Adrien Liénard, trésorier de l’UNEF.
Propos recueillis par Julie Mleczko

“L’UNEF demande à ce que le gouvernement investisse dans l’enseignement supérieur afin de permettre à chaque étudiant de pouvoir étudier dans la filière de son choix et ne pas être contraint de devoir subir une orientation par défaut en raison du manque de places lié au sous-financement du service public de l’enseignement supérieur. Certains Masters sont dit « en tension » car ils comptent parmi ceux qui ont le plus de candidatures par rapport au nombre de places disponibles, c’est le cas notamment de filières telles que le droit ou la psychologie.
L’argument d’une adéquation de l’offre de formation des universités au milieu du travail est inopérant. Premièrement, car l’université n’a pas pour objectif de s’adapter aux besoins du marché du travail mais de délivrer une formation de qualité. Et deuxièmement, les besoins du marché du travail évoluent sans cesse.
Quand une formation se déroule sur 5 ans et que les étudiants vont ensuite s’insérer dans un corps de métier où ils travailleront pendant plus de 40 ans, il est impossible de prévoir quel sera l’état du marché du travail sur une si longue période, surtout dans un contexte économique où les besoins évoluent sans cesse et très rapidement.”
“Hiérarchiser les voeux permet d’une part aux étudiants de signifier quels sont leurs choix prioritaires de Master et de lieux de formation, ainsi qu’aux établissements de pouvoir mieux quantifier les demandes qui leurs sont adressées. Le fait de préserver les voeux inférieurs permet aux étudiants d’avoir une liberté de choix et d’attendre l’ensemble des réponses des formations et des établissements dans lesquels ils candidatent.
La combinaison de l’absence de hiérarchisation de voeux, de l’absence de phase complémentaire et de l’absence de moyens adéquats pour créer des places, risque d’entrainer une hausse du recours aux établissements privés aux frais d’inscription très élevés et aux diplômes souvent non reconnus par l’État. L’absence de moyen dans l’enseignement supérieur a déjà fait exploser le nombre d’étudiants dans le privé de 41,7% depuis 2017, et la plateforme Mon Master risque de renforcer ce recours au privé.”
“Comptabiliser les places restantes est une chose, mais une phase complémentaire permet à ceux qui se sont retrouvés sans aucune candidature acceptée ou à ceux qui ont manqué les délais de la phase principale d’avoir une seconde chance pour candidater et ainsi éviter de devoir attendre un an pour redéposer sa candidature. Ouvrir une phase complémentaire permet ainsi de laisser une seconde opportunité de pouvoir candidater.”
“En réalité, la plateforme Mon Master est plus complexe que cela. Ne compte que pour 1 seul voeu les voeux réalisés dans le même domaine de formation et dans le même établissement. Or, beaucoup d’établissements ne proposent qu’une poignée de Master dans le même domaine de formation. Au vu du manque de places dans les Masters universitaires, les étudiants candidatent dans un maximum de Masters possible. Liés, la restriction du nombre de voeux et l’absence de hiérarchisation va entrainer une situation aberrante où certains seront pris dans beaucoup de Masters et d’autres dans aucun.
Plus généralement, il s’agit de revoir l’intégralité du système de candidature en Master universitaire et avoir un financement important permettant des créations de places. La limitation du nombre de voeux et l’absence de hiérarchisation introduits par la plateforme va conduire à des situations où des milliers d’étudiants se retrouveront encore sans aucune candidature acceptée. La plateforme risque donc d’accélérer une politique de sélection en Master mortifère qui a conduit depuis 2017 a faire exploser de 187% le nombre d’étudiants sans inscription en Master.
Sur la question de l’alternance, l’acceptation est conditionnée au fait de trouver une entreprise. Avec des calendriers resserrés et sans phase complémentaire, le risque est que des étudiants qui n’ont pas pu trouver d’entreprise se retrouvent sans aucune possibilité de poursuivre leurs études.”
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