Al Jazeera vs Abdel Samad Nasser : quand la déontologie est trompée – Hespress Français
Le Marocain Abdel Samad Nasser, l’un des éminents présentateur d’Al Jazeera a été licencié la semaine dernière, et les réseaux sociaux arabes ne sont pas restés silencieux depuis, contrairement à la chaîne qatarie qui pourtant n’en rate pas une pour l’ouvrir.
La raison de ce bannissement ou perte d’un droit d’exercer parce qu’un tiers possède un droit de pression est inadmissible. Cette éviction menu-militari, Abdel Samad Nasser qui au demeurant, ne se l’explique pas, après 26 ans, de loyaux services où il est devenu un visage emblématique de la chaîne, vise au-delà de l’homme, le Maroc.
On attribue, ce limogeage insensé à un message sur Twitter mardi dernier où il condamnait vivement les médias d’État algériens et « l’immoralité » de la police. « La chaîne de télévision officielle(d’Algérie) attaque bas le Maroc et accuse avec mépris le Maroc de trafiquer l’honneur des femmes marocaines. Vos médias sont si immoraux, si pathétiques, et ce que vous faites est si pathétique ».
Abdel Samad Nasser, se soulevait en gazouillant contre une émission de la télévision algérienne qui a diffusé plus tôt en mai l’un des hashtags les plus populaires en Arabie saoudite que l’on traduit banalement par « Expulser les femmes marocaines est une exigence« .
Cela avait provoqué un tohubohu et des dizaines de milliers de d’internautes ont, partagé et répondu aux tweets qui ont été publiés sur ce compte insultant qui prônait des malédictions, des calomnies et même des souhaits de mort pour les femmes marocaines vivant en Arabie saoudite.
Tant que cela restait dans la sphère des réseaux sociaux la règle du jeu est respectée mais dès lors que la chaîne étatique algérienne transforme l’hashtag saoudien en programme télévisé dans le but de dénigrer les femmes marocaines, cela devient autre chose, une ligne rouge venait dès lors, d’être franchie par le régime sénile d’Alger.
En dénonçant cette attitude sur son compte Twitter a fait mal au sommet de la hiérarchie des capos d’Alger et l’on se souvient que devant sa préférée des journalistes ou autre la “Khadidja Benguena“ de ces dames, algérienne de surcroit, le président algérien au nom imprononçable déclarait en mars dernier à Al Jazeera que les relations avec le Maroc avaient atteint « un point de non-retour ». Comme si c’était le scoop du siècle.
Le responsable des nouvelles du réseau et le directeur du réseau lui-même (lobby algérien) ont demandé à Nasser de supprimer son tweet ou au moins d’en modifier le contenu. Nasser a refusé, affirmant qu’il avait tweeté en dehors des limites d’Al Jazeera et qu’il n’y avait aucune raison de supprimer ou de modifier son tweet.
D’autant plus que c’était là, le principe de la légitimité de la liberté d’expression que pourtant Al Jazeera avait toujours soi-disant défendu. Cependant et tout en sachant que son travail était en péril il avait décidé de ne pas se coucher. Le reste de l’histoire est connu.
Jeudi, l’association marocaine des journalistes a publié un mémorandum long et détaillé attaquant la décision d’Al Jazeera et sa capitulation face aux pressions algériennes. La note alléguait également qu’un lobby algérien opérait au sein du réseau, dictant ce que son contenu devait contenir. L’association a également fait appel à Al Jazeera et aux associations de journalistes à l’étranger pour protester contre cette décision et tenter de faire revenir la chaîne sur sa décision et surtout à la raison.
Cela dit, les femmes marocaines ont trouvé un protecteur de plus de leur genre en la personne d’Abdel Samad Nasser, qui s’est sacrifié pour elles. Chemin faisant notre héros a également mis en évidence les tares et faiblesses d’Al Jazeera en tant que réseau qui a prétendu au fil des ans donner une voix aux sans-voix.
Pourtant au Maroc on voyait d’un bel œil, l’attitude de contourner les limites de la censure officielle dans les pays arabes et de ne se prosterner devant aucun dictat arabe, quitte à provoquer une rupture entre le Qatar et les autres États arabes. Il est fini le temps où les journalistes étaient bannis de plusieurs États arabes et les bureaux de la chaîne fermés.
Aujourd’hui, il semble les limites aient été atteintes et que ce soit plutôt le contraire qui se vérifie et ce, de plus en plus. On ne voit que des journalistes soumis à une main nourrissante, à Al-Jazeera. Alors autant rester dans sa dignité et “déclarer forfait“ que de jouer les “ Benguena“ qui “hurle avec les loups pour se nourrir“.
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