Femme branchée, la Villefranchoise Eugénie Boubes, en prise … – Centre Presse Aveyron
Née Laporte, basée à Annecy, faisant le grand écart pour le travail entre la Haute-Savoie et Paris, la jeune femme de 38 ans est ingénieur chez Enedis.
Responsable technique du projet d’équipement électrique de parkings résidentiels". Voilà qui prend de la place sur une carte de visite. C’est pourtant, depuis une douzaine de mois, le quotidien d’Eugénie Boubes. Elle pilote chez Enedis, entreprise de service public (qu’elle a rejoint il y a treize ans), gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, le volet technique du développement des infrastructures de recharge pour véhicules électriques dans les immeubles d’habitation.
Plus de 240 000 copropriétés sont concernées à travers l’Hexagone avec la région parisienne et Lyon comme zones test principales. Du coup, si elle a posé ses valises à Annecy, en famille, depuis quelques années, elle rallie Paris deux jours par semaine. Tandis que son père est originaire de Villefranche-de-Rouergue, sa mère, Française, a vu le jour au Maroc et a fait ses études de médecine à Toulouse.
C’est là qu’elle est née, en 1985, avant de rejoindre la Bastide où son grand-père était chirurgien et oto rhino laryngologue, avec une notoriété qui avait largement dépassé les frontières de la Perle du Rouergue. Eugénie, qui s’appelait alors Laporte, a grandi là, avec école primaire au Tricot, collège à Francis-Carco et lycée à Raymond-Savignac.
Son bac S en poche, "sans chemin vraiment tracé", elle a ensuite effectué une prépa "math spé math sup" à Toulouse, avant de monter à la capitale pour intégrer en 2006 l’ESTP, école spéciale des travaux publics, dont elle est sortie, trois ans plus tard, avec un diplôme d’ingénieur.
Elle n’a pas oublié : "J’aimais bien les ouvrages d’art (viaducs, ponts…), mais ce n’était pas une vocation. J’avais très envie de découvrir Paris. Avec du recul, je suis contente de ce que je fais aujourd’hui et des différents postes que j’ai occupés". "Très proche de l’Aveyron", avec un lien "particulièrement fort" avec sa grand-mère chez laquelle elle a passé beaucoup de temps enfant et adolescente, elle s’était inquiétée quand il avait fallu partir.
Finalement, elle ne regrette pas : "Je me suis ouvert à d’autres personnes, à d’autres disciplines, sans altérer mon attachement à mon département". Après un an chez Veolia, dans l’univers des eaux usées et la création d’une station d’épuration en région parisienne, elle a signé chez Enedis, avec un premier poste à Bordeaux.
Elle a alors suivi les battements de son cœur puisque Charles-Antoine, son mari toulousain, a été nommé à Genève. Bénéficiant d’une mutation de la part d’Enedis ("C’est une chance de travailler dans cette entreprise"), Eugénie Boubes s’est retrouvée à la tête de 200 agents, en tant que chef d’agence exploitation et clientèle.
Se plaisant à "changer tous les trois ans", voilà donc un peu plus de douze mois qu’elle est à Annecy avec "une importante mission dans la mobilité électrique". "C’est un boulot que j’aime et qui me plaît beaucoup", assure-t-elle. Elle est intarissable sur le sujet : "La France a ainsi un an d’avance sur les ventes de voitures électriques par rapport aux prévisions du programme pluriannuel de l’énergie (PPE). Mais, en revanche, on peut parler de frilosité quant à l’installation de bornes dans les copropriétés (seulement 2 % sont équipées en France). C’est la raison pour laquelle Enedis s’engage afin de décarboniser les transports auprès de tous ses clients".
Depuis qu’elle est au pied des Alpes, cette maman d’une fille et d’un garçon, âgés de 7 et 4 ans, a découvert la montagne, et pris goût à la randonnée et au trail. "C’est apaisant", souffle-t-elle. Mais, ce n’est pas pour autant qu’elle a coupé les ponts avec l’Aveyron. "Je reviens à toutes les vacances scolaires, confirme l’intéressée, avec gourmandise. C’est chez moi ! Je me repose, je dors bien. J’aime la taille de la ville, les enfants adorent. ça me renvoie à ma jeunesse insouciante".
Sa fille fréquente ainsi, par exemple, les stages équestres de Marie-Noëlle Gachet, enseignante chez qui Eugénie Laporte montait quand elle était jeune. Mais, elle n’est toutefois "pas prête" à s’installer à Villefranche, comme sa sœur Floriane, revenue de Sorèze (31), pour être ostéopathe à domicile. En attendant cet hypothétique déménagement, comment vit-elle son investissement professionnel dans un milieu très masculin ?
Elle sourit : "Même s’il reste encore des gens qui ne veulent pas m’adresser la parole, c’est parfois plus facile d’être une fille dans un monde de mecs ! C’est plus facile d’être respectée, de se différencier. J’apprécie ce challenge. Je me dois de faire bouger les lignes, ne serait-ce que pour ma fille. C’est ma valeur !".
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