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Mehdi Alioua : Il n’y a pas d’État social sans démocratie – Le Matin

Souad Badri Souad Badri,
Faire une lecture sociologique de la conjoncture inflationniste amène à réfléchir sur le rôle de l’État social et l’implication du citoyen en étudiant ses attentes et ses priorités et en écoutant ses besoins et ses opinions. C’est la lecture que nous explique Mehdi Alioua, sociologue et enseignant-chercheur à l’Université Internationale de Rabat, invité de l’Info en Face.

La hausse des prix sous la loupe d’un sociologue. Une situation inquiétante selon Mehdi Alioua, invité de l’Info en Face, si l’on retient le chiffre du HCP qui fait état de la détérioration du pouvoir d’achat pour 85% des ménages.
«Les salaires stagnent, un coup de pouce insignifiant au niveau du Smig et du Smag, les emplois sont détruits, il y a peu de postes d’emploi créés, les emplois informels ou clandestins… beaucoup d’indicateurs inquiétants qui démontrent que la conjoncture actuelle est assez particulière», explique M. Alioua, enseignant-chercheur à l’UIR. Conséquence de cette conjoncture : le moral des ménages est au plus bas.
Poussant le débat encore plus, l’invité de l’Info en Face remet en question le dialogue social engagé entre le gouvernement et les centrales syndicales. Sur ce point, le sociologue est catégorique : «Il n’y a pas de dialogue social au Maroc. La transformation du processus démocratique est en péril». Et d’expliquer que d’un point de vue sociologique, les bases et les règles d’un dialogue social sont absents. «Pour avoir un dialogue social en bonne et due forme, il ne faut pas qu'il y ait une dichotomie. C’est-à-dire les très puissants et les représentants des moins puissants».
Alors que dans une société, il existe différentes catégories sociales avec des statuts hiérarchisés. C’est une composition complexe difficile à gouverner sans qu’il y est un minimum de démocratie directe et participative. «Pour pouvoir avancer en société, il faut des corps intermédiaires représentés par les partis politiques, les syndicats, la société civile… Ils jouent le rôle de médiateur et de contre-pouvoir. Cela permet de multiplier les scènes et donc d'offrir des opportunités pour se confronter et débattre. Encore faut-il que ces acteurs soient écoutés et qu’ils aient un minimum de pouvoir de décision», indique le sociologue.
Interrogé sur les perspectives d’une maîtrise de l’inflation et l’impact direct sur le citoyen, l’invité ne peut que constater l’évidence : cette conjoncture difficile va durer ! Pour lui, le parti qui a remporté les élections, c’est-à-dire le RNI, est sur une position économique libérale. «C’est le parti des patrons d’entreprises et des businessmen. Le Chef du gouvernement lui-même est un businessman avec une succes-story. Donc le programme politique de ce gouvernement est fortement impacté par cette vision, soit une politique de l’offre, quasi oligopolistique, qui n’est pas forcément bonne et est souvent déconnectée de la réalité sociale», explique l’invité.
Portant son regard de sociologue, Mehdi Alioua dit comprendre la vision du gouvernement, et notamment du parti majoritaire, de se focaliser sur une politique de l’offre, et ce en adéquation avec les annonces contenues dans son programme. Donc, selon lui, il est surprenant de voir la population s’indigner de cette même politique qu’elle a appuyée via le vote. Ici, le sociologue évoque tout de même une nuance : combien de citoyens ont voté lors des dernières élections, et combien l’ont fait pour le RNI ?
De plus, même les tentatives de ce gouvernement d’asseoir un État social, à travers notamment la généralisation de la protection sociale, interpellent le sociologue. «C’est bien que le gouvernement s’engage pour un État social, mais même ainsi, on maintient cette politique de l’offre», répond l’invité de l’Info en Face. Et d’ajouter : «Est-ce que l’on sait ce que veut le citoyen ? Est-ce qu’on s’est basé sur des études sociologiques pour comprendre ses attentes ? Il n’y a pas d’État social sans démocratie, sans contre-pouvoir fort et sans associer le citoyen à la décision». En somme, Mehdi Alioua estime que la politique sociale doit être construite par ceux qui sont en bas, c’est-à-dire la population cible, les acteurs en contact direct avec les citoyens…
Reste que pour notre pays, sur impulsion de Sa Majesté le Roi, le Maroc opère une révolution épistémologique en renversant l’ordre des choses, puisqu’on veut un État fort pour une société forte et un État social qui permet cette coexistence pour devenir un État-Nation. «Le citoyen, ce n’est pas un statut juridique, c’est une composante centrale de la société. C’est parce que nous sommes tous reliés socialement que nous le sommes nationalement. Et il n’y a pas de citoyenneté sans démocratie, ça n’existe pas ! Sinon, on confond État social et État charité ou providence», souligne l’invité de l’Info en Face.
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