Vote de l'ONU sur le Sahara : L'intégrité territoriale du Maroc encore … – Maroc Hebdo
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A quelques semaines du vote par le Conseil de sécurité d’une résolution sur la situation au Sahara, le secrétaire général de l’ONU a présenté un rapport dont les observateurs pensent qu’il est favorable au Maroc. Mais en même temps, l’attitude de la France est scrutée de près.
C’est un compte rendu dont les conclusions sont très attendues. Le rapport du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, qui donnera lieu à une résolution votée par les quinze membres du Conseil de sécurité à la fin du mois d’octobre 2023, a des allures de camouflet pour le mouvement séparatiste du Front Polisario et ses parrains régionaux, l’Algérie en tête.
Dans son rapport préliminaire, le secrétaire général de l’ONU estime que “le rôle des Etats voisins reste crucial dans la recherche d’une solution à la question du Sahara”. Les tensions provoquées par le Polisario le long du mur de défense sont une source de “préoccupation pour l’ONU”, de même que “les entraves à la liberté de mouvement” de la Minurso, la mission de paix onusienne.
Efforts importants
M. Guterres note aussi que son envoyé personnel, Staffan da Mistura, a rencontré un grand nombre de responsables marocains et d’élus locaux dans les provinces du sud, lesquels ont exprimé leur soutien à l’initiative pour la négociation d’un statut d’autonomie et souligné les efforts de développements importants entrepris par le Maroc.
Avant le vote de la résolution, plusieurs réunions auront lieu, en guise de préparation, afin d’adopter une version finale du texte. A titre d’exemple, il a notamment été question, lors d’une rencontre le 11 octobre 2023, d’un bilan dressé par M. de Mistura sur ses tournées dans la région et la manière dont il entend relancer le processus politique.
Cette réunion du programme préliminaire abordera le volet technique des activités de la Minurso, particulièrement les difficultés auxquelles le personnel de cette mission est confronté à l’Est du mur de défense marocain. Cette étape sera conclue par des recommandations qui seront prises en compte lors de la confection de la résolution annuelle du Conseil de sécurité sur le Sahara.
Statu quo sans issue
Cependant, le risque est grand que cette énième résolution accouche d’une souris, reprenant les mêmes éléments de langage qui ont, jusqu’ici, fait la démonstration de leur limite dans le règlement de ce conflit qui s’éternise depuis bientôt un demi-siècle.
Devant l’immobilisme de ce processus onusien qui renvoie les parties prenantes dos à dos et conforte un statu quo sans issue, le Maroc a diversifié sa stratégie diplomatique, ralliant de nombreux pays à sa cause grâce à une stratégie multidimensionnelle, qui se décline sur les volets économiques, sportifs et culturels. Résultat: 59 États se sont montrés favorables à la souveraineté du Maroc sur son Sahara, dont les plus marquants sont la reconnaissance des États-Unis et d’Israël (décembre 2020, 17 juillet 2023) ainsi que l’alignement de l’Espagne et de l’Allemagne sur le plan d’autonomie marocain (mars 2022 et décembre 2021).
La France risque de s’abstenir
La France, faisant partie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, avec à la clé un droit de veto, s’abstiendra-t-elle à l’occasion du vote, alors que tout laisse penser que la résolution de cette année, à la lecture du rapport du secrétaire général de l’ONU, est en passe d’être favorable au Maroc? La question mérite d’être posée, les relations entre les deux pays traversant, de l’aveu de nombreux analystes, leur pire période depuis des lustres.
Le conflit autour du Sahara est au cœur de cette brouille sans précédent. La position de la France reste inchangée vis-à-vis de ce différend, considérant que le plan d’autonomie marocain est une base “sérieuse et crédible”. Sauf que la doctrine marocaine a évolué. Dans son discours de la Révolution du Roi et du peuple d’août 2022, le roi Mohamed VI avait déclaré que le dossier du Sahara “est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international”. De surcroît, il a appelé “les partenaires du Royaume dont les positions sur l’affaire du Sahara sont ambiguës à les clarifier”.
“Mettre de l’huile sur le feu”.
Prisonnière de son amphibologie, désireuse de ménager l’Algérie, laquelle a connu un réchauffement inédit de ses rapports avec son ancien colonisateur sous la présidence d’Emmanuel Macron, la France est poussée dans ses retranchements face à un Maroc plus que jamais conquérant. La reconnaissance de grandes puissances de la marocanité du Sahara la place dans une posture très inconfortable, mettant à l’épreuve sa sincérité.
Selon un ancien diplomate français joint par Maroc Hebdo qui requiert l’anonymat, la France risque de “s’abstenir en cas de résolution favorable” au Maroc, Paris ne souhaitant pas, toujours selon le même interlocuteur, ”mettre de l’huile sur le feu”. Un scénario qui précipiterait la relation franco-marocaine au bord du précipice.
Bien que les Etats-Unis soient les “penholders” du projet de résolution, selon l’expression utilisée par une source au sein du ministère des Affaires étrangères marocain, la voix de la France et son influence au sein des “P.5” restent significatives. Mais “la France n’ira pas jusqu’à faire obstacle à une résolution avantageuse pour le Maroc”, veut croire notre source.
La séquence onusienne à venir s’apparente à un stress test pour la France.
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